Interview Apprentissage

Interview sur l’apprentissage

 

Hellermann Tyton est un spécialiste des produits de Fixation, Protection, Repérage, Identification, Gestion des fils, câbles et composants. Jean-Baptiste Humann, son directeur général France, nous parle de la politique active que mène son entreprise en termes d’apprentissage.

Quel est l’intérêt, pour votre entreprise, de faire appel à des apprentis ?

Jean-Baptiste Humann : HellermannTyton emploie aujourd’hui 90 personnes en France, pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Avec nos projets de développement, et pour répondre aux besoins de l’entreprise, nous allons embaucher une trentaine de personnes, en investissant en particulier sur notre site de Trappes. Dans ce contexte de croissance, l’apprentissage a un premier intérêt réel pour consolider des équipes au niveau de la production (moulage, outillage, laboratoire…) Cela permet de donner à un jeune une formation de terrain pendant laquelle nous pouvons évaluer son comportement (implication, respect des horaires…).

Aujourd’hui, nous avons dans nos équipes deux apprentis en production et une apprentie aux ressources humaines. Nous menons également une opération spécifique avec 5 apprentis dédiés à la Force de Vente. Ils sont en formation BTS ou prolongent leurs études après un BTS. C’est une excellente manière d’avoir un pied dans la vie active : ces apprentis sont très fortement présents sur le terrain et ont même une voiture de fonction.

Comment ces jeunes apprentis sont-ils intégrés dans vos équipes ?

Jean-Baptiste Humann : Chaque apprenti a un parrain dans la société ; c’est une mission qui est prise très au sérieux car c’est une clé de la réussite de l’apprentissage. Il l’aide à s’intégrer, lui fait des remarques sur son travail et l’aide aussi dans la réalisation de son mémoire. Le rôle du parrain est déterminant : il est sélectionné à la fois en fonction du lieu d’affectation des jeunes, mais aussi en fonction de son taux d’occupation, car nous devons pouvoir garantir sa disponibilité auprès de l’apprenti qu’il va suivre.

Il faut bien sûr aussi une réelle volonté de s’engager dans ce dispositif de parrainage. Ensuite, il faut du temps pour que les choses se mettent en place, nécessairement. Nos parrains ont parfois une cinquantaine d’années et se retrouvent face à des jeunes de 20 ans, qui ont des attentes, des moyens de communication différents. Mais ils sont tous très attentifs et, au final, demandeurs pour renouveler l’expérience.

Diriez-vous que l’apprentissage est un succès chez HellermannTyton ?

Jean-Baptiste Humann : 80% des jeunes pris en apprentissage donnent entière satisfaction. L’apprentissage permet aussi à nos équipes en interne de toucher au management : les commerciaux en région découvrent ce qu’est la direction d’un petit groupe avec l’arrivée de ces forces de vente. Cela contribue à renforcer l’esprit d’équipe. En termes d’image, cela a également un impact très positif auprès de nos clients qui voient que nous sommes une société qui fait confiance à des jeunes. Sur les 20% d’échecs que nous avons, on a pu constater que soit le type de métier confié ne convenait pas, soit la taille de notre entreprise n’était pas adaptée, ou que le jeune apprenti manquait de maturité. In fine, nous essaierons de regarder chaque cas et de voir si l’apprenti peut être embauché. Nous pourrons aussi être amenés à renouveler l’alternance. C’est en cours d’examen. Quoi qu’il en soit, c’est une référence très solide pour ces jeunes.

On a beaucoup dit que l’Allemagne était très bonne sur ce sujet. En France, il faut que nous renforcions l’alternance : nous en avons besoin si nous voulons garder de la compétitivité, garder les jeunes dans la vie active, et plus largement, réduire le fossé entre les jeunes et l’entreprise. Tout cela demande du travail, bien sûr, mais apporte indéniablement des résultats pour un bénéfice partagé entre l’entreprise et le jeune apprenti.

 

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